De la ferme à la caisse : le Canada investira plus de 3 milliards de dollars dans la sécurité alimentaire
Le gouvernement canadien a présenté la première Stratégie nationale de sécurité alimentaire du pays. Selon le premier ministre Mark Carney, des investissements de plus de 3 milliards de dollars devraient renforcer la concurrence, accroître la production et la transformation des aliments au Canada et, à terme, contribuer à limiter la hausse des prix.
L’un des principaux éléments du programme est un fonds d’un milliard de dollars consacré aux infrastructures alimentaires. Au cours des dix prochaines années, Ottawa prévoit d’agrandir les terminaux de gros existants, d’en construire deux nouveaux et de créer environ 40 centres alimentaires commerciaux. Ces installations permettront aux épiciers indépendants de s’approvisionner plus facilement directement auprès des agriculteurs et des transformateurs.
La concurrence représente un enjeu majeur, puisque cinq entreprises contrôlent environ les trois quarts du marché canadien de l’alimentation au détail. Près de 130 millions de dollars seront donc accordés au Bureau de la concurrence et au Tribunal de la concurrence afin de lutter contre les pratiques anticoncurrentielles.
Un autre milliard de dollars sera offert par l’intermédiaire de Financement agricole Canada pour soutenir l’expansion de la production et de la transformation alimentaires. La stratégie prévoit également 150 millions pour moderniser l’équipement des petites et moyennes entreprises et 100 millions pour des projets novateurs dans le secteur agroalimentaire.
Le gouvernement investira 750 millions de dollars dans les serres, les fermes verticales et d’autres installations permettant de produire des fruits et légumes toute l’année. Cette mesure est particulièrement importante pour un pays dont la saison agricole est courte et qui dépend fortement des produits frais importés.
Selon Statistique Canada, les prix des aliments achetés en magasin avaient augmenté de 3,8 % en avril 2026 par rapport à l’année précédente. Le Rapport sur les prix alimentaires au Canada estime qu’une famille de quatre personnes pourrait consacrer environ 17 572 dollars à l’alimentation en 2026, soit près de 1 000 dollars de plus qu’en 2025.
La stratégie prévoit aussi d’accélérer l’approbation des semences, des aliments pour animaux, des engrais et des produits vétérinaires, tout en facilitant le commerce alimentaire entre les provinces.
Les économistes préviennent toutefois qu’une baisse rapide des prix est peu probable. Le climat, les phénomènes météorologiques, le carburant, les conflits internationaux et les restrictions commerciales continueront d’influencer les coûts. Les premiers résultats pourraient donc se manifester davantage dans la solidité du système alimentaire canadien que sur les factures d’épicerie des prochains mois.